UNITÉ DE RECHERCHE, DE FORMATION ET DE DÉVELOPPEMENT EN ÉDUCATION EN MILIEU INUIT ET AMÉRINDIEN

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URFDEMIA

Créée en 1990 par l’unité d’enseignement et de recherche (UER) en sciences de l’éducation de l’Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT), l’Unité de recherche, de formation et de développement en éducation en milieu inuit et amérindien (URFDEMIA) soutient divers projets en éducation qui proviennent du milieu. Ses activités portent essentiellement sur le rôle et les orientations de l’école communautaire, le développement du curriculum scolaire, le soutien à l’apprentissage et au développement de la langue ancestrale.

En collaboration avec les représentants des écoles de Puvirnituq et d’Ivujivik ainsi qu’avec la Commission scolaire Kativik, l’URFDEMIA soutient la formation professionnelle des enseignants inuit de ces deux communautés. Les cours des programmes de certificat de 1er cycle en enseignement au préscolaire et au primaire en milieu nordique sont offerts dans les communautés aux enseignants ainsi qu’aux autres ressources éducatives du milieu, directeurs d’école et conseillers pédagogiques.La gestion des programmes est réalisée en partenariat université-communauté. De plus, les professeurs-chercheurs œuvrant au sein de l’URFDEMIA mènent à des activités de recherche ou de développement axées sur le curriculum scolaire, la formation des enseignants, le contact des langues, le développement de la littératie et l'utilisation des technologies de l'information et de la communication (TIC) en contexte autochtone.

[L’URFDEMIA a choisi d’appliquer la règle de l’invariabilité du mot inuit, étant donné que ce terme désigne déjà plusieurs personnes en inuktitut. Pour plus de détails à ce sujet voir : Dorais, L.-J. (2004). Rectitude politique ou rectitude linguistique? Comment orthographier « Inuit » en français. Études/Inuit/Studies, Vol. 28 (1), 155-159.]

L'équipe

L’équipe actuelle  : 

[Photo de l'équipe de l'URFDÉMIA à venir]

 

Équipe de cogestion UQAT-Puvirnituq-Ivujivik

 De gauche à droite, les membres sont :

Yvonne da Silveira, responsable retraitée (2016) de l'URFDEMIA (UQAT), Lucy Qalingo de Puvirnituq, Passa Mangiuk d'Ivujivik, Siaja Mark d'Ivujivik, Véronique Paul, agente de recherche à l'URFDEMIA (UQAT), Elisapi Uitangak de Puvirnituq, Lily Bacon, responsable de l'URFDEMIA (UQAT) et Glorya Pellerin, de l'URFDEMIA (UQAT) (mars 2013).

 

 

Membres inuit du groupe de cogestion des programmes de certificats offerts aux enseignants inuit

Notre Histoire

La naissance d'un partenariat

[IPUIT : Sigle qui signifie «Comités d’école d’Ivujivik et de Puvirnituq». De plus, en inuktitut, Ipuit veut dire «poignée» qui sert à tenir un outil. En ce sens, l’école comme institution représente un outil de développement personnel et collectif.]

Le principe de partenariat à la base de toute collaboration entre les ressources en éducation des communautés et celles de l’URFDEMIA repose sur des valeurs d’égalité, d’interdépendance et de dialogue.

En 1984, les Comités d’écoles [IPUIT] ont demandé le soutien de l’UQAT pour le développement de leur projet de prise en charge de l’éducation dans leurs communautés. Ces derniers souhaitaient instaurer une école contribuant au maintien de leur identité culturelle tout en permettant aux élèves d’acquérir les connaissances et les compétences nécessaires à la vie dans la société contemporaine. Plusieurs rencontres de clarification et de mise en œuvre du projet ont eu lieu entre les représentants d’IPUIT, les directions d’écoles et les conseillers pédagogiques, d’une part, et des professeurs universitaires d’autre part. Un processus et un mécanisme de cogestion des activités de formation des enseignants furent mis en place à la demande explicite des partenaires inuit, ces derniers souhaitant que cette coopération respecte la volonté de leur communauté de définir les orientations de leur école et de baser le développement de l’éducation sur les besoins des communautés. La reconnaissance de l’égalité de statut et de l’interdépendance des deux groupes de partenaires, soit les Inuit et les formateurs universitaires est l’un des principes fondateur de la collaboration, sa reconnaissance est indispensable à la réalisation de toute activité.

Ce projet en partenariat s’est graduellement développé à travers le temps pour donner naissance à l’Unité de recherche, de formation et de développement en éducation en milieu inuit et amérindien (URFDEMIA) qui est une partie intégrante de l’UER en sciences de l’éducation de l’UQAT.

L’expérience décrite sur ce site implique des partenaires qui ont développé une collaboration très particulière autour d’un projet : le soutien et le développement de l’éducation dans deux écoles du Nunavik. Son existence et sa continuité résultent de l'engagement, de la patience et de la persévérance des « leaders » partenaires de ce projet.

L’ouverture des ressources universitaires et des ressources inuit en éducation à de nouvelles façons de faire, d’organiser, de gérer et d’intervenir dans le cadre des projets de formation, de développement et de recherche, leur disponibilité et leur présence soutenue à distance, de même que la souplesse et l’ouverture de l’UQAT dans l’application de ses normes et procédures administratives ont permis le développement de ce projet.

Après de nombreuses années de travail en partenariat, plus d’un quart de siècle, le constat d'une présence constante de conditions facilitantes communes et l’établissement de routines entre les partenaires permettent de parler d’une véritable pratique de collaboration. Au fil de cette expérience unique basée sur le respect réciproque et l’ouverture à l’Autre, des liens se sont tissés, une croyance profonde en l’importance du projet mené s’est établie de part et d’autre.

Notre approche de travail à travers la collaboration UQAT-Puvirnituq-Ivujivik

L’approche de travail choisie repose essentiellement sur le dialogue entre partenaires porteurs de cultures et de savoirs différents, distincts à la fois dans leur nature et leur fonction. En effet, les partenaires Autochtones sont porteurs d’un savoir d’expérience et véhiculent la culture de leur communauté, tandis que ceux de l’université véhiculent le savoir scientifique occidental. L’échange et le dialogue entre ces deux types de savoirs supposent la prise en considération de la différence identitaire et culturelle des deux groupes de partenaires tant sur le plan théorique que pratique.

Une perspective de coconstruction des savoirs enseignants

Deux fondements essentiels de cette approche de travail résident d’abord dans un principe de mise en rapport de la théorie et de la pratique et ensuite dans une pratique pédagogique dialogique (Leclerc , 2000). Ainsi, les  savoirs sont objets d’interaction, et leur appropriation est contextualisée en référence aux situations éducatives et à l’expérience que les étudiants en ont. Dans ce contexte, la pratique dialogique devient une posture, une attitude qui caractérise la relation interpersonnelle établie entre un formateur et un ou des étudiants en vue de l’acquisition d’un contenu jugé essentiel par tous.

Le processus de coconstruction des savoirs s’amorce par la communication d’informations sur le contexte et le contenu d’une activité de formation. Les deux groupes de partenaires apportent des précisions relatives au contenu proprement dit, aux rapports que les étudiants entretiennent avec celui-ci, aux rapports de la communauté avec ce qui est évoqué par ce contenu. Les principes et éléments à la base de ce processus sont  (1) la reconnaissance des différences identitaires des acteurs et (2) la reconnaissance de la présence de deux patrimoines culturels, les savoirs.

L’approche de formation s’appuie entre autres sur les savoirs d’expérience des étudiants. En effet, l’apport des partenaires consiste en l’explicitation et la communication de leur réalité culturelle. Ils doivent s’assurer que les ressources universitaires comprennent les particularités du contexte scolaire et communautaire. Les universitaires apportent quant à eux une expertise en matière de développement de l’éducation en milieu rural en région éloignée et à faible densité de population, une particularité des universités en région du réseau de l’Université du Québec, ainsi que de développement scolaire en contexte de diglossie.

Le groupe de cogestion des programmes inuit

Un groupe de ressources des écoles des communautés de Puvirnituq et d’Ivujivik et des sciences de l’éducation de l’UQAT ont développé un mécanisme et une structure de travail permettant de cogérer et d’offrir les programmes de formation des enseignants inuit qui leur permet tous de se rencontrer de façon régulière depuis plus de 30 ans.

Le mode de fonctionnement du projet inuit est entièrement basé sur un principe de partenariat. Un mécanisme de cogestion assure le fonctionnement des programmes. Le groupe de cogestion est formé de  partenaires de chacune des communautés d’Ivujivik et de Puvirnituq, de professeurs du département d’éducation de l’UQAT, et d’un personnel professionnel et technique à temps partiel. Il assure la planification, la mise en œuvre et l’évaluation des activités de formation. Une fois par mois, ou plus au besoin, une réunion du comité de cogestion a lieu par conférence téléphonique ou par visioconférence. Les partenaires de ce projet, ceux de l'université et ceux des communautés, se trouvent réunis dans des actions de planification, de réalisation et d'évaluation des activités de formation qui se déroulent dans les écoles des communautés. Le processus de cogestion constitue le lieu le plus formalisé de la collaboration dont les programmes  constituent l'objet majeur des interactions entre ces partenaires, les activités de formation en soi ainsi que leur développement et leur gestion. La langue de communication est l'anglais, langue seconde des deux groupes de partenaires. La langue de compréhension et de conceptualisation des situations et des contenus de formation par les partenaires est leur langue respective, soit le français et l'inuktitut. Il est à noter que l'éloignement géographique les a amenés à développer des moyens efficaces de communication à distance, dont la visioconférence.